« L’école inculque des façons de faire, une culture par rapport à un métier (…) à la fin tu as un diplôme, tu as une reconnaissance, tu peux faire tel ou tel métier. », parole d’un ancien apprenti[1].

L’établissement de formation transmet aux apprentis tant des ressources que des outils pour construire leurs connaissances et leurs compétences. Certains anciens apprentis du CFA FormaSup ARL ont souligné l’importance de renforcer une pédagogie ancrée dans les pratiques professionnelles.

Rendre « vivants » les enseignements

« (…) J’avais beaucoup d’attente sur le professionnalisme il y avait trop de cours universitaires », parole d’un ancien apprenti[2].

Une attente forte est portée sur des enseignements les plus vivants et participatifs possibles, s’appuyant sur :

  • Des cas pratiques et des exemples concrets,
  • Une complémentarité théorie / pratique,
  • Un équilibre entre interventions des professionnels et interventions académiques,
  • Des apports qui permettent de faire le lien avec le travail en entreprise.

         Une mise en situation des apprentis (travail en groupe, mobilisation des ressources) est essentielle pour favoriser une mise en cohérence des enseignements et un accompagnement des expériences et de la réflexivité.

Travailler en groupe

« Je pense que c’est important parce que dans la vie professionnelle c’est comme ça que ça marche. Vous ne travaillez pas tout seul dans votre coin. C’est important de se confronter à l’avis des autres, et puis d’échanger… », parole d’un ancien apprenti.

               Les apprentis sont souvent en quête de dispositifs de formations qui les mettent en situation de travail à l’image de leurs expériences en entreprise. En ce sens, le travail en groupe est particulièrement important : « enrichissant et transversal » ; « l’esprit de groupe » ; « on nous apprend à travailler finalement comme dans les entreprises ».[3]

               Les projets tutorés sont généralement appréciés et impliquent davantage l’apprenti comme acteur de son apprentissage (initiative, autonomie, responsabilité) ou encore les retours d’expériences et les études de cas.

Ces temps en groupe ont plusieurs vertus : développer la transversalité des enseignements et la polyvalence, travailler en équipe, apprendre à gérer les priorités, s’entraider, échanger sur des questions concrètes : « c’était là où l’on retrouve l’esprit professionnel ». 

Mobiliser des ressources externes

« Les intervenants professionnels, ça c’est intéressant, car ils ont un point de vue lié à leur milieu professionnel (…) pas uniquement des profs qui inculquent de la théorie. », parole d’un ancien apprenti.

               Les anciens apprentis soulignent la plus-value des apports des intervenants professionnels : « concrets », « pratiques », « professionnels », davantage « impliqués ». Perçus comme des experts, leurs interventions sont davantage légitimées (anecdotes, expériences). Ils incarnent la « parole d’entreprise ». Les enseignants, eux, sont davantage associés à une parole « universitaire », « théorique », « académique ». Leur valeur ajoutée est conscientisée « après coup », lors de la vie professionnelle, comme une aide à la prise de recul.

Articuler les expériences en école et en entreprise

« Le rôle du tuteur est d’articuler l’entreprise et l’académique car c’est souvent scindé, c’est le tuteur qui donne du sens », parole de tuteur académique[4].

               59% d’anciens apprentis (Enquête FormaSup ARL 2016) ont exprimé des manques dans leurs formations principalement du fait d’un manque de cohérence entre les cours en établissement de formation et les missions en entreprise. Ensuite c’est le manque de suivi qui est pointé : manque d’implication de certains tuteurs, pédagogie à améliorer chez certains enseignants ou manque de reconnaissance…

Certains tuteurs pédagogiques interviewés pointent aussi un certain nombre de difficultés de communication avec l’entreprise concernant le contenu de la formation, les référentiel de formation…

               Les liens formation/entreprise sont donc à renforcer et des améliorations sont à promouvoir auprès :

  • Des UFA : actions de mises en situations professionnelles, liens enseignements/expériences professionnelles, compréhension du sens de la théorie, échanges entre apprentis sur les missions et les contextes de travail…
  • Des entreprises : impliquer le tuteur dans l’entreprise, intégrer les acquis de formation dans les activités professionnelles, développer les compétences de l’apprenti en lien avec ses connaissance…[5]

Les tuteurs (école et entreprise) ont un rôle important à jouer puisqu’ils participent largement à la formation des apprentis : « l’objectif est de faire coïncider la reconnaissance académique à l’exigence de l’entreprise, ce qui reste difficile. », parole d’un tuteur académique.

Développer une réflexivité

« Je pense que l’alternance m’a apporté énormément, au niveau de la motivation, de la perception de l’entreprise car j’ai évolué assez rapidement. J’ai appris tout au long de mes études », parole d’apprenti.

         Le lien formation/entreprise passe par un accompagnement des expériences des apprentis : « (En UFA) les apprentis pouvaient échanger entre eux sur leurs expériences et cherchaient à répondre aux problématiques en fonction de leurs expériences »,parole d’un ancien apprenti. L’appui à la construction d’un projet professionnel et personnel. Il permet de renforcer :

  • Le développement personnel : « mûrir », « prendre confiance en soi », « gagner en maturité »,
  • L’acquisition ou/et le développement de compétences,
  • Un cheminement professionnel 
  • Le développement d’une employabilité.

L’enjeu est d’accompagner activement l’apprenti dans la mise en cohérence de ses apprentissages en entreprise et en UFA en donnant du sens aux différents savoirs et savoir-faire développés par l’apprenti, donner un sens et du sens à ses expériences, en les confrontant à celles des autres.