Les apprentis considèrent majoritairement que c’est la situation professionnelle (et son accompagnement par les tuteurs) qui leur permet de se professionnaliser. Les expériences en entreprise sont formatrices : « Je pense que finalement la formation a presque moins d’importance que l’expérience… Je suis retombée sur mes pieds par l’expérience… ». Les apports théoriques délivrés en établissement de formations sont moins valorisés pendant l’apprentissage qu’ultérieurement lors de nouvelles situations professionnelles (montée en compétences, GPEC…) : « j’ai l’impression (aujourd’hui) de me servir de ce que j’ai fait (en cours), de tout, et je l’adapte en fonction de ce que je fais. »[1]

Pour les établissements de formation, l’enjeu est donc d’être en capacité d’accompagner ces savoirs et ces compétences pour les rendre transférables (voir graphique ci-dessous) :

La mobilisation actuelle des savoirs et compétences acquis en apprentissage ?
– 41 % Souvent
– 30 % Très souvent
– 21 % Quelques fois
– 5 % Rarement ou très rarement
– 3 % Pas du tout

Source : Enquête par questionnaire anciens apprentis (2016) – 809 répondants

Prendre du recul et réfléchir à ses pratiques professionnelles permet ainsi de développer ses compétences professionnelles, c’est d’ailleurs l’exercice qui est mené lors des visites en entreprise, grâce à l’évaluation des missions de l’apprenti.

L’accompagnement tutoral : l’enjeu des visites en entreprise

 « (La visite en entreprise) le moment clé de faire le point sur la montée en compétence et sur les différentes tâches effectuées », parole d’un apprenti sortant.

La visite en entreprise est importante dans le dispositif de formation alternée. Elle permet d’intégrer la situation de travail dans le cursus pédagogique grâce à :

  • Une interconnaissance des acteurs (apprenti/tuteur académique/maître d’apprentissage),
  • La réalisation de points réguliers entre l’UFA et l’entreprise.
  • Une mise en cohérence des missions et du diplôme préparé,

               Ces visites sont l’occasion pour l’apprenti de faire du lien entre ses différentes expériences en UFA et en entreprise : « Pour bien comprendre les attentes de l’école et de l’entreprise » ; « Pour une meilleure compréhension du bon déroulement de notre apprentissage. ».

L’accompagnement par le tuteur académique

« Il faut avoir suffisamment de bagage, il faut être crédible : tu ne peux pas être tuteur comme ça, il y pas de sens si tu fais ça trop rapidement, il faut être à l’aise dans ton boulot. », parole d’un ancien apprenti

Certains tuteurs académiques (Enquête 2018) précisent que leur rôle est d’être acteurs de la progression de l’apprenti et d’utiliser leurs expériences pour conseiller l’apprenti sur ses missions en entreprise et son projet futur.  C’est une sorte de « trait d’union » entre l’entreprise et l’université : « (…) comment maximiser la valeur ajoutée de l’étudiant ? » ; « La première mission d’un tuteur est d’introduire un changement culturel dans l’esprit de l’apprenti ».

               Le tutorat académique reste toutefois difficile à mettre en œuvre car son cadrage, sa reconnaissance et les pratiques professionnelles sont variables suivant les établissements de formation.

L’accompagnement par le maître d’apprentissage

« J’étais épaulée par mon tuteur (entreprise) qui m’a beaucoup appris, et qui m’a permis de m’intégrer dans l’entreprise (…) à me situer par rapport à toutes les personnes. », parole d’un ancien apprenti.

Pour les apprentis, le maître d’apprentissage joue un rôle important dans son intégration en entreprise : présentation de l’environnement de travail (locaux, personnel, règles et activités de l’entreprise…), explication des missions, objectifs de l’apprenti…

Les termes utilisés pour décrire le maître d’apprentissage et le tuteur académique sont les mêmes : aide, suivi, accompagnement, conseil.

        Le maître d’apprentissage est un acteur majeur du développement des compétences, il accompagne l’évolution des missions de l’apprenti et son évaluation, en contribuant à son autonomisation progressive.

En quelques mots…parole d’anciens apprentis   « Le maître d’apprentissage nous donne un gros pack de choses à faire, on a un seuil, elle nous dit : ‘tu fais ça au minimum et après tu peux aller jusque- là’ » ;  « Le maître d’apprentissage nous laisse nous développer et voir jusqu’où on peut aller » ; « Chaque fois que je menais un projet, j’étais autonome mais en même temps j’ai toujours fait valider mes idées par mon tuteur, et on a avancé ensemble, on réfléchissait et on échangeait ensemble. » Source : Enquête par entretien anciens apprentis (2017) – 20 interviewés    

En conclusion, il est important pour l’apprenti de sentir qu’on lui fait confiance, de se sentir acteur, de prendre des initiatives et d’avoir le droit à l’erreur : « j’ai ça à te montrer, toi, regarde, pose des questions, je veux d’abord que tu comprennes pour ensuite faire (…). Ils ne sont pas dans le « je te donne ça débrouille toi », ils sont plus dans le « je te montre ça après tu peux y aller », c’est pour ça que je dis que c’était une intégration très facile. ».

L’accompagnement de l’équipe tutorale permet à l’apprenti à la fois de développer ses compétences et de construire sa professionnalisation tout au long de sa formation.


[1] Source : Enquête par entretien anciens apprentis (2017) – 20 interviewés